Eglise de Winkel et Abbaye de Lucelle

L’église Saint-Laurent de WINKEL :

Construite entre 1786 et 1788, l’église actuelle de Winkel est dédiée à St Laurent, diacre et martyr, mort en 258.
Elle garde deux autels latéraux baroques classés Monuments Historiques, provenants de Lucelle, surmontés de tableaux de Jacob Carl Stauber (1694 – 1756) qui représentent la mort de St Joseph et le supplice de Ste-Agathe.

Eglise Winkel extérieur

Eglise Winkel Intérieur 1

Eglise intérieur 2

 

 

 

 

 

 

Eglise plafond

Eglise Autel

 

 

 

 

 

 

 

 

L’Orgue Saint-Laurent

Orgue Eglise Winkel
L’Orgue Saint-Laurent

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alfred, né le 16/07/1885, apprit le métier chez son père Joseph Antoine, alors que l’un de ses frères (Henri) se lançait dans la facture de pianos.

Après la mort de son père, le 30/04/1911, Alfred reprit les ateliers de Rouffach, rue de la Prévôté, aidé d’un frère et d’un fidèle ouvrier du nom de SICK.
Sa période d’activité s’étend environ de 1911 à 1940. Berger resta à Rouffach jusqu’à la fin : la guerre de 39-45 fut fatale à son entreprise.
Son fils ne reprit pas l’affaire, et lui-même dut trouver une autre source de subsistance pour les dernières années de sa vie. Alfred Berger mourut le 26/06/1946.
Il ne laisse pas beaucoup d’instruments neufs : entre les deux guerres, même les communes alsaciennes ne pensaient plus trop à l’Orgue.
A Winkel, on peut considérer son travail comme la « pneumatisation » de l’orgue Valentin RINKENBACH, 1835.
Mais cet orgue lui est souvent attribué. Et c’est vrai qu’à part les (curieux) Buffets, il n’y a plus grand chose de Rinkenbach dans cet instrument.

Winkel orgue 2

 De l’orgue Valentin Rinkenbach, on ne sait pas grand chose. Il datait de 1835, et disposait, selon des documents ultérieurs :

  1. au Grand-orgue d’un Sifflet et d’une Trompette,

  2. au Positif de dos d’un Larigot, d’une Fourniture et d’un Cromorne

  3. et d’un Clairon de Pédale

P. MEYER-SIAT, dans « Rinkenbach, Hérisé, Wetzel« , invite les « détectives » à retrouver grâce à cela la Composition originale.
On pourra, pour se livrer à cet exercice, s’inspirer des Compositions originales de
Wasserbourg (1833), Koestlach (1838), Westhalten (1841), ou même Kientzheim(1847).

La soufflerie de l’orgue fut sûrement réparée en 1963 par Jean FICKINGER (un itinérant que l’on retrouve à Gildwiller et Dornach, auteur de travaux à Murbach, Sondersdorf, Lautenbach,Hochstatt, Bendorf…)

Le Buffet devait être semblable à celui de Leymen.
Mais ils ont tous les deux été pas mal modifiés.

L’orgue a été transformé par Martin RINCKENBACH (en fait par son ouvrier ZURBACH) en 1887, à la suite de recommandations édifiantes de pseudos-experts. La transformation, quoique limitée par rapport à certaines élucubrations, consista à remplacer le Sifflet par une Gambe, le Larigot par un Salicional, la Fourniture par une Voix céleste, la Doublette par une Flûte harmonique. La Pédale passa de 18 à 27 notes (par changement du Sommier), et son Clairon fut remplacé par par un Violoncelle. Bien sûr, il fallut refaire la soufflerie, pour rendre possible l’alimentation de tous ces nouveaux Jeux gourmands prenant la place des anciens plus petits.

     Alfred Berger posa donc un nouvel instrument dans le Buffet Rinkenbach (modifié). Il conserva tout de même le Sommier du Grand-orgue (de 54 notes, alors que les claviers en ont 56).
Le Positif de dos est postiche : il sert surtout d’armoire, mais aussi à cacher la Console, indépendante et tournée vers l’orgue.
Sur le grand Buffet, on voit encore les traces de l’ancienne Console en fenêtre.
Il y a d’intéressantes frises à fleurs d’eau.
Mais, du point de vue de la tuyauterie, presque l’intégralité du matériel Rinkenbach et Rinckenbach fut heureusement conservée.
La Composition actuelle peut susciter pas mal de commentaires, avec ses deux
Nasards, son côté Néo-classique et sa Pédale réduite. Elle fait penser à certains orgues ROETHINGER.

L’orgue Berger fut reçu le 05/05/1930 par Georges SCHMIDLIN de Colmar.

Il y eue une réparation, en 1977, par la Maison STEINMETZ

 

 

 

L’Abbaye de LUCELLE:

Abbaye de Lucelle

 

L’ancienneté de l’occupation du site est attestée par une hache plate en cuivre d’un poids de 200 grammes.
Cet objet suggère l’importation des premiers outils en métal depuis la Suisse.
Une autre hachette en bronze et des anneaux et cercles dentelés en bronze, destinés à l’attelage, sont conservés.

Lucelle où se trouvent quelques vestiges d’une abbaye cistercienne de l’époque se situe dans la paisible vallée de la Lucelle, entourée de forêts.
Autour de l’étang de Lucelle seule une partie des restes rappelle les édifices du couvent d’alors et l’arc d’un portail une fontaine et la maison de campagne de l’abbé Delfils, l’image de l’ancienne abbaye. Une statue dans le jardin du couvent d’alors maintient le souvenir de Saint Bernard et rappelle ainsi l’origine de la fondation de Lucelle. Lucelle a été fondée par l’impression que l’abbaye mondialement connue de Citeau en Bourgogne fit sur les gens du 12ème siècle.
En mars 1123, les trois fils d’Amadée de Montfaucon, Hugo, Amadée et Richard obtinrent le territoire de l’évêque de Bâle Berthold de Neuchâtel, territoire sur lequel s’érigea le couvent.
Saint-Bernard lui-même bénit la première pierre et la source de la nouvelle abbaye dans laquelle vinrent habiter douze moines de Belleval près de Besançon.
A leur tête se trouva l’abbé Etienne, consacra l’église et l’abbaye des bonnes dames dont l’effigie devint l’emblème du domaine conventuel.
Jusqu’en 1790 Lucelle joua un rôle considérable et représenta l’abbaye cistercienne la plus célèbre loin à la ronde.
L’abbaye avait d’importantes possessions. Les donateurs mais aussi les nobles du Sund et de l’Elsgau, les seigneurs de Pfirt, Mörsberg, Saugern, Hasenburg, Montjoie et Montbéliard furent parmi les bienfaiteurs bénévoles du couvent.
Dans beaucoup de villages de l’Elsgau et du Sundgau, Lucelle possédait des biens : l’abbaye avait un domaine à Sennheim, Thann, Latkirch, Ensisheim, Oltingen, Mulhouse et à Porrentruy.
En plus, elle disposait de fermages dans de nombreuses localités, de forêts dans toute la région utilisait des moulins, des laiteries, des verreries, des tuileries et des fonderies, obtint le droit de pêche à Lucelle, exploita des mines.
L’abbaye jouissait aussi du droit de collature dans de nombreux villages.
Dans beaucoup de localités, Lucelle créa une grangie : un petit prieuré qui devint le centre religieux et économique du lieu : à Lutterbach, Volkensberg, St Appolinaris et à Blotzheim.
Le pape comme l’empereur lui accordèrent la reconnaissance et la confirmation des biens et des droits.
L’abbé de Lucelle porta mitre et crosse et fut vicaire général de l’Ordre de Citeaux.
La chronique mentionne 40 couvents dont la naissance a été favorisée par Lucelle : Neuburg et Pairs en Alsace, Kaisersheim et Salem dans le sud de l’Allemagne, St. Urbain, Frienisberg et Oelsberg en Suisse pour ne citer que celles-ci.
Hauterive (FR) doit son existence au chemin qui a passé par Wettingen et Salem jusqu’à Lucelle.

Les jours sombres aussi constellent l’histoire de Lucelle.
En 1210, des soldats de Frédéric II entrèrent dans la vallée de Lucelle et quelques temps plus tard, les comtes Pfirter dévastèrent la région.
La population fut mise à rude épreuve au cours de l’Interrègne et durant la guerre entre Adolf de Nassau et Albert 1er.
L’invasion des « anglais sauvages », les Armagnacs, les querelles entre les Confédérés et les Autrichiens amenèrent au 14ème et au 15 ème siècles beaucoup d’heures sombres et occasionnèrent des dommages considérables.
En 1524, l’abbaye fut frappée par la foudre.
Une année plus tard, les paysans pillèrent tout, déchirant, détruisant les trésors de la bibliothèque jusqu’à l’orgue et au tombeau du fier Pierre de Mörsberg.
Un siècle plus tard, la Guerre de Trente Ans dispersa les moines, qui, à leur retour, trouvèrent l’abbaye saccagée par le feu.
En 1699, un incendie détruisit une partie de l’église et de l’abbaye.
Grâce à la volonté indéfectible des moines, à l’esprit d’ouverture des abbés et à la confiance en Dieu de tous,
Lucelle a pu sans cesse retrouver une vie et un épanouissement nouveaux.
Parmi les abbés, deux se sont particulièrement mis en évidence par leurs œuvres. Theobald Hylweck de Thann et Bernhardin Buchinger de Kienzheim.
L’abbé Hylweck se chargea en 1494 du sort de Lucelle et vécut trois destructions successives, mais trois fois aussi sa reconstruction.
Il fut un érudit et un organisateur, un homme plein de zèle religieux et d’une énergie à toute épreuve.
Il fit l’acquisition du Löwenburg et le petit couvent de Petite Lucelle, il s’occupa de l’entretien de St Appolinaris et fut, pendant la crise de la foi dans le Sundgau une personnalité de tout premier plan.
L’abbé Bernardin Buchinger de Lienzheim est de même stature.
Il exerça d’abord à Lucelle comme archiviste, chroniqueur, auteur des « Fast Lucellenses » maître cellier et de cuisine, secrétaire de l’abbé.
En 1642, il devint abbé de Maulbronn, puis quelque temps plus tard, abbé de Pairis pour se trouver en 1654 à la tête de l’abbaye de Lucelle.
En 1638, il reconstruisit l’abbaye qui avait été détruite.
Il organisa Oelberg, rassembla les archives, rédigea un journal ainsi que des travaux historiques et reconduisit en 1656 les moines de löwembourg dans leur Lucelle bien aimée.

L’agriculture doit beaucoup à Lucelle. A une époque où le sol cultivable ne suffisait plus, les moines cisterciens entreprirent de défricher, d’assécher les marais et de planter et firent de ces travaux leurs tâches principales.

Mais le développement de l’agriculture ne conduisit en aucun cas à négliger l’activité spirituelle : Lucelle put se féliciter de ses écrivains ascètes, de ses chroniqueurs et de ses historiens.
Mentionnons Conrad Holzacker, Nicolas Amberg, les abbés Hylweck Sapper et Buchinger. Sans oublier le moine Ewalch, fort appliqué, qui écrivit au 18 ème siècle l’ouvrage en trois volumes « Mischellanes Luciscellensis ».

Lucelle fut connue au 12ème siècle par une cohorte de scripteurs dont l’influence s’étendit jusqu’à St.Urban.
En 1346, on bâtit une église gothique à trois nefs, avec de nonbreux autels, on y installa un excelllent orgue avec de précieux tombeaux de nobles et d’évèques, des oeuvres choisies de sculptures et de peinture et de reliquaires artistiques y prirent aussi place.
Après l’incendie de 1699, on construisit une nouvelle églises de style baroque.
L’abbé Delfils en fut le grand mécène. Il fit venir à Lucelle et
à St. Apppolinaris des artistes de renom tels que Maître Stauder.

Avec l’abbé Noblet de Courtavon mourut en 1802 le dernier abbé de Lucelle.
Les biens du couvent furent vendus comme biens nationaux (1792), l’église vendue à des églises de village. C’est pourquoi on dut se rendre à Winkel, Raedersdorf, Köstlach Buchsweiler ou à Presse pour se faire une idée des somptueuses richesses de l’abbaye de Lucelle d’autrefois.

La commune naît des ruines du domaine abbatial pendant la révolution.
L’enclos et l’activité industrielle de la forge reprennent vie dix ans plus tard.
Le minerai en grains est importé de Délémont jusqu’en 1814.
Après le changement de frontière, il est extrait du sous-sol des communes de Winkel, Ligsdorf, Kiffis et Courtavon.
A la fin du second empire, l’activité commence à péricliter, et plus encore après l’annexion de l’Alsace par l’Allemagne.
Les hauts-fourneaux de l’usine Paravicini cessent leur activité en 1882.
La tréfilerie est cédée à Aloys Schwartz, originaire de Kiffis et propriétaire de la scierie de Lucelle.
Le reste des installations est déclarée en faillite en 1886.

En 1789, L. est vendue, ainsi que tous ses biens, déclarés biens nationaux, et en 1792, la communauté est dispersée.
Les bâtiments conventuels et l’église romano-gothique sont démolis.

Les autres bâtiments sont rachetés par des maîtres de forges francs-comtois en 1801.
L’ancienne abbaye devient ainsi un site industriel. En 1824, la Société des usines de Lucelle et Bellefontaine passe aux mains d’industriels bâlois.
Au milieu du siècle, L. comprend deux hauts fourneaux, deux affineries, deux scieries des ateliers et des dépôts.
La population, 320 habitants, est à trois quarts employée par les usines. Mais la prospérité est de courte durée et en 1883, toute activité a cessé.

Mais le souvenir de la grandeur d’entant de cette abbaye est resté si profond que de précieuses stalles, de nombreuses statues dans nos villages du Sundgau, à juste titre ou non, sont désignés commme provenant de Lucelle.
Tellement Lucelle était alors et reste aujourd’hui encore « Lucis cella » ou cellule de lumière, continuant de rayonner de toute sa grandeur.

Les usines de Lucelle connaissent le succès et emploient jusqu’à 300 personnes.
Le haut fourneau est alimenté par les mines de Liesberg, Mettembert, Pleigne, Winkel, Courtavon.
Ces petites mines étant insuffisantes, on fait venir du minerai de la vallée de Delémont.
Un second haut fourneau est construit à Saint-Pierre. En plus des deux hauts fourneaux, Lucelle et Saint-Pierre font fonctionner des affineries, martinets et fonderies.
Les poëles fabriqués à Lucelle sont réputés.

Suite aux problèmes financiers de la métallurgie locale, les hauts fourneaux sont supprimés dès 1870. Les fonderies continuent de travailler mais toute production sur la Lucelle cessera en 1883.

Abbaye cistercienne

Abbaye cistercienne

Lucelle vu du ciel